
Le projet FONTSEM (FONTe des SEMis) vise à caractériser les agents pathogènes responsables des pertes de semis dans les cultures légumières, à identifier les facteurs de risque favorisant leur développement, et à expérimenter des leviers de gestion agroécologiques pour réduire ces pertes. Ce projet contribue à renforcer la résilience des systèmes de production de légumes transformés face à un syndrome
complexe et multifactoriel.
Porté par UNILET, en partenariat avec ARVALIS, INRAE et EUREDEN, le projet est financé par le CASDAR Recherche Technologique et s’appuie sur une forte collaboration entre recherche, filière semences, acteurs du conseil et producteurs.

Le projet FONTSEM répond à une problématique croissante dans les systèmes de production légumiers : les pertes à la levée, attribuées à un ensemble complexe d’agents pathogènes du sol, encore mal identifiés. Ces pertes, aggravées par les évolutions climatiques et la baisse de l’offre phytosanitaire, représentent un frein important à la productivité. Le projet vise à :
Un phénomène complexe et mal caractérisé :
Les fontes des semis regroupent un ensemble de pathologies affectant les cultures tel que l’épinard et le maïs dès la phase d’implantation. Ces maladies, d’origine tellurique ou semencière, provoquent des pertes à la levée parfois très importantes, allant jusqu’à 80 % dans certaines situations. Le phénomène est mal identifié, mal quantifié et peu compris, ce qui complique considérablement son diagnostic et sa gestion par les producteurs et les conseillers techniques.
Les pathogènes impliqués (oomycètes comme Pythium ultimum, champignons du genre Fusarium, Rhizoctonia solani, etc.) agissent souvent en interaction avec des facteurs environnementaux et agronomiques, comme l’humidité excessive au semis, la structure du sol ou les pratiques culturales. L’expression des fontes est donc multifactorielle, rendant difficile l’attribution des pertes à une cause unique.
Les pertes à la levée génèrent des conséquences importantes sur les rendements, la charge de travail, les coûts de production, et l’efficacité des intrants (semences, fertilisants, traitements). Elles peuvent entraîner des retards de récolte, des re-semis, ou des pertes économiques majeures pour les producteurs.
Une problématique en émergence dans les cultures légumières :
Le développement de ces pathologies touche de plus en plus les grands bassins de production légumière français (Sud-Ouest, Sud-Est, Bretagne, Val de Loire…), dans un contexte de :
Des solutions limitées et non intégrées :
À l’heure actuelle, il n’existe pas de stratégie de lutte intégrée éprouvée contre les fontes de semis dans les cultures légumières. Les leviers de gestion (rotations, irrigation, travail du sol, sélection variétale) sont peu évalués de manière combinée, et les références techniques restent limitées et dispersées.
Face à cette problématique émergente, il est nécessaire de développer une connaissance fine des causes et d’identifier les conditions de développement des pathogènes, afin de construire des itinéraires techniques résilients, durables et adaptés aux réalités de terrain.
Un enjeu fort pour la durabilité des systèmes de production :
Dans un contexte de transition agroécologique, de volatilité climatique et de demande sociétale accrue pour des productions durables, les enjeux du projet Fonte des semis sont multiples :
Le projet FONTSEM se décline en 4 axes de travail, menés de manière interdisciplinaire entre microbiologie, phytopathologie, agronomie et modélisation, avec une forte implication terrain.
Axe 1 : Microorganismes responsables des fontes des semis
Objectif : Identifier et suivre les agents pathogènes impliqués dans les pertes à la levée
Actions :
1.1 Identification des microorganismes impliqués
Cet axe vise à identifier les microorganismes phytopathogènes présents dans les sols ou les semences, responsables de pertes à la levée dans les cultures légumières ciblées.
1.2 Quantification de ces pathogènes dans les sols
Focus particulier sur Pythium ultimum, espèce fréquemment impliquée dans les fontes de semis.
Axe 2 : Propriétés physicochimiques du sol influençant les fontes de semis
Objectif : Étudier les propriétés du sol (physiques et hydriques) qui influencent le développement des fontes
Actions :
2.1 Quantification de ces pathogènes dans les sols
Étudier comment des paramètres comme la structure du sol, sa compaction, sa texture ou sa porosité influencent l’apparition des fontes. Des mesures seront faites sur les parcelles pour évaluer :
2.2 Gestion de l’irrigation
Étudier l’influence de l’humidité du sol (apports en eau, pluie ou irrigation) sur les fontes.
Axe 3 : Leviers agronomiques influençant les fontes des semis
Objectif : Tester des pratiques culturales pour limiter les fontes et améliorer la résilience des systèmes
Actions :
3.1 – Étude des rotations
Évaluer l’impact de différents antécédents de culture sur la pression des fontes via des questionnaires.
3.2 – Rôle des couverts d’interculture
Évaluer le rôle positif ou négatif des couverts végétaux d’interculture sur la santé du sol.
3.3 – Mise en évidence d’un gradient de tolérance variétale
Identifier si certaines variétés présentent une meilleure tolérance aux fontes, en particulier par leur vigueur de levée.
3.4 – Évaluation de traitements de semences
Tester l’effet de produits de traitement de semences (bio ou conventionnels) sur la protection contre les agents pathogènes du sol.
Axe 4 – Combinaison de leviers de lutte intégrative et valorisation
Objectif : Construire des itinéraires techniques combinés, évaluer leur efficacité globale et assurer le transfert aux acteurs de terrain
Actions :
4.1 – Combinaison d’itinéraires techniques, variétés et produits de protection
Construire et tester des combinaisons de solutions : choix variétal + rotation + traitement de semences + irrigation.
4.2 – Estimation multicritère des coûts des solutions proposées
Évaluer les coûts économiques, environnementaux et logistiques des combinaisons testées.
4.3 – Communication, transfert et pilotage
Organiser le transfert des résultats vers les filières et les agriculteurs.

Chef de file :

Partenaires :


Cheffe de projet : Françoise BRIAND – francoise.briand@unilet.fr